Melchior de POLIGNAC de CHALENÇONÂge : 80 ans16611741

Nom
Melchior de POLIGNAC de CHALENÇON
Naissance 11 octobre 1661 52

Décès d’une demi-sœurAntoinette de POLIGNAC de CHALENÇON
13 novembre 1690 (Âge 29 ans)
Décès du pèreLouis Armand de POLIGNAC de CHALENÇON
3 septembre 1692 (Âge 30 ans)
Décès de la mèreJacqueline de GRIMOARD de BEAUVOIR
7 novembre 1721 (Âge 60 ans)

Décès d’un frèreScipion Sidoine Appolinaire Gaspard de POLIGNAC de CHALENÇON
4 avril 1739 (Âge 77 ans)
Profession
Religieux
oui

Décès 20 novembre 1741 (Âge 80 ans)

Sépulture novembre 1741 (Âge 80 ans)
Adresse : St-Sulpice
Note : Son coeur est porté à l'abbaye d'Anchin.
Famille avec les parents - Afficher cette famille
père
mère
Mariage :
frère plus âgé
21 mois
lui
La famille du père avec Suzanne des SERPENTS de GONDRAS - Afficher cette famille
père
belle-mère
Mariage : 14 février 1638
demi-sœur
La famille du père avec Isabelle Esprite de La BEAUME - Afficher cette famille
père
belle-mère
Mariage : 17 février 1648
demi-frère
demi-sœur

Sépulture
Son coeur est porté à l'abbaye d'Anchin.
Note
#Générale# Religieux, il est Abbé de Bon-Port, Mouzon, Bégard, Corbie et d'Anchin . Il fait partie des 40 de l'Académie Française. Ambassadeur Extraord inaire en Pologne, Auditeur de Rote à Rome, Ambassadeur Plénitotentiai re pour le traité de paix d'Utrecht. Nommé Cardinal-Prêtre de Ste-Mar ie-des-Anges le 30 janvier 1713 par le Pape Clément XI ; Maître de la Chapelle du Roy ; Ambassadeur Extraordinaire à Rome ; Archevêque d'Au ch, Primat d'Aquitaine de la Novempopulanie et du Royaume de Navarre e n novembre 1725 ; Il est reçu Prélat-Commandeur des Ordres du Roy le 1er janvier 1733. Il est encore Grand-Maître de l'Ordre du St-Esprit d e Montpellier (34) le 3 novembre 1716. Saint-Simon lui consacre de no mbreux articles dans ses Mémoires et je n'en donne qu'un à titre d'ex emple : " Avant que de finir cette année (1705), il faut ébaucher une anecdote dont la suite se retrouvera dans son temps. L'abbé de Polign ac, après ses aventures de Pologne et l'exil dont elles furent suivies , était enfin revenu sur l'eau. C'était un grand homme très bien fait avec un beau visage, beaucoup d'esprit, surtout de grâces et de maniè res, toute sorte de savoir, avec le débit le plus agréable, la voix t ouchante, une éloquence douce, insinuante, mâle, des termes justes, de s tours charmants, une expressin particulière ; tout coulait de sourc e, tout persuadait. Personne n'avait plus de belles-lettres ; ravissan t à mettre les choses les plus abstraites à la portée commune, amusan t en récits, et possédant l'écorce de tous les arts, de toutes les fab riques, de tous les métiers. Ce qui appartenait au sien, au savoir et à la profession ecclésiastique, c'était où il était le moins versé. I l voulait plaire au valet, à la servante, comme au maître et à la maî tresse. Il butait toujours à toucher le coeur, l'esprit et les yeux. O n se croyait aisément de l'esprit et des connaissances dans sa conver sation ; elle était en la proportion des personnes avec qui il s'entre tenait, et sa douceur et sa complaisance faisaient aimer sa personne et admirer ses talents ; d'ailleurs tout occupé de son ambition, sans amitié, sans reconnaissance, sans aucun sentiment que pour soi ; faux , dissipateur, sans choix sur les moyens d'arriver, sans retenue ni p our Dieu, ni pour les hommes, mais avec des voiles et de la délicatess e qui lui faisaient des dupes ; galant surtout, plus par facilité, pa r coquetterie, par ambition que par débauche ; et si le coeur était fa ux et l'âme peu correcte, le jugement était nul, les mesures erronées et nulle justesse dans l'esprit, ce qui, avec les dehors les plus grâ cieux et les plus trompeurs, a toujours fait périr entre ses mains to utes les affaires qui lui ont été commises. Avec une figure et des tal ents si propres à imposer, il était aidé par une naissance à laquelle les biens ne répondaient pas, ce qui écartait l'envie et lui concilia it la faveur et les désirs. Les dames de la cour les plus aimables, c elles d'un âge supérieur les plus considérables, les hommes les plus d istingués par leur place ou par leur considération, les personnes des deux sexes qui donnaient le plus de ton, il les avait tous gagnés. Le cardinalat était de tout temps son grand point de vue. Deux fois il avait entrepris une licence, deux fois il l'avait abandonnée. Les banc s, le séminaire, l'apprentissage de l'épiscopat, toutes ces choses lu i puaient, il n'avait pu s'y captiver. Il lui fallait du grand, du vas te, des affaires, de l'intrigue. Celles du cardinal de Bouillon, auqu el il s'était attaché, l'avaient fort écarté, et plus d'une fois, avai ent pensé le perdre. Torcy, que pour ses vues, il avait toujours part iculièrement cultivé, lavait sauvé plusieurs fois, et était toujours s on ami intime, et depuis ce dernier retour, toute la fleur de la cour l'environnait sans cesse, il y brillait avec éclat, il en faisait les délices. Le roi même s'était rendu à lui par M. du Maine, à la femme duquel il s'était livré. Il était de tous les voyages de Marly, et c' était à qui jouirait de ses charmes. Il en avait pour toutes sortes d 'états, de personnes, d'esprits. Avec tout le sien, il lui échappa une flatterie dont la misère fut relevée, et dont le mot est demeuré dan s le souvenir et le mépris du courtisan. Il suivait le roi dans ses j ardins de Marly, la pluie vint ; le roi lui fit une honnêteté sur son habit peu propre à le parer. Ce n'est rien, sire, répondit-il ; la pl uie de Marly ne mouille point. On en rit frt, et ce mot lui fut fort r eproché. Dans une situation si agréable, celle de Nangis qui était pe rmanente, celle où il avait vu Maulévrier un temps, excita son envie. Il chercha à participer au même bonheur ; il prit les mêmes routes, M me d'O, la maréchale de Coeuvres, devinrent ses amies, il chercha à se faire entendre et il fut entendu. Bientôt, il affronta le danger des Suisses, les belles nuits, dans les jardins de Marly. Nangis en pâlit . Maulévrier, bien que hors de la gamme, à son retour en augmenta de rage. L'abbé eut leur sort : tout fut aperçu ; on s'en parla tout bas, le silence d'ailleurs fort observé. Triompher de son âge ne lui suff it pas, il voualit du plus solide. Les arts, les lettres, le savoir, l es affaires qu'il avait maniées, le faisaient aspirer à être reçu dan s le cabinet de Mgr le duc de Bourgogne, dont il se promettait tout s' il pouvait y être admis. Pour y aborder, il fallut gagner ceux qui en avaient la clef. C'est le duc de Beauvilliers qui, après l'éducation achevée, avait conservé toute le confiance du jeune prince. Son minis tère et sa charge occupaient tout son temps. Il n'était ni savant, ni homme de beaucoup de lettres, l'abbé n'était lié avec personne qui le fût avec lui ; il ne put donc frapper là directement. Mais le duc de Chevreuse, en apparence moins occupé (et cet en apparence j'aurai bie ntôt lieu de l'expliquer), Chevreuse, dis-je, parut à l'abbé plus acc essible. Il l'était par les lettres et les sciences, et une fois entam é, il était facile ; ce fut par là qu'il fut attaqué. Tourné d'abord dans le peu de moments qu'il paraissait chez le roi en public, tenté p ar l'hameçon de quelque problème, ou de quelque question curieuse à a pprofondir, arrêté après aisément et longtemps dans la galerie, l'abbé de Polignac s'ouvrit la porte de son appartement si ordinairement fe rmée. En peu de temps, il charma M. de Chevreuse, il eut d'heureux has ards d'y voir arriver M. de Beauvilliers, il paru discret, retenu, fu gitif. Peu à peu, il se fit retenir en des moments de loisir. Chevreus e le vanta à son beau- frère ; l'abbé épiait tous les moments ; les de ux duc n'étaient qu'un coeur et qu'une âme ; plaisant à l'un, il plut à l'autre, et reçu chez le duc de Chevreuse, il le fut bientôt chez l e duc de Beauvilliers. C'étaient deux hommes uniquement occupés, n'osa nt dire noyés, dans leur devoirs, et qui, au milieu de la cour où leu rs places et leur faveur les rendait des personnages, y vivaient comme dans un ermitage, dans la plus volontaire ignorance de ce qui se pas sait autour d'eux. Charmés de l'abbé de Polignac, et n'en connaissant rien de plus, tous deux crurent faire un grand bien d'approcher un ho mme si agréablement instruit de Mgr le duc de Bourgogne, qui l'était tant lui-même, et si capable de s'amuser et de profiter encore dans de s conversations telles que Polignac saurait avoir avec lui. Le résoud re, le vouloir, l'exécuter, fut pour eux une même chose ; et voilà l'a bbé au comble de ses souhaits. Nous verrons dans quelque temps jusqu' où il se poussa avec le jeune prince ; ce n'est pas encore le temps d' en parler, mais celui de revenir un peu sur nos pas. Je vis tout le m anège de Polignac autour de Chevreuse. Malheureusement pour moi, la ch arité ne me tenait pas renfermé dans une bouteille comme les deux duc s. J'allais un soir à Marly, comme je faisais presque tous les jours, causer chez le duc de Beauvilliers tête à tête. Dès lors sa confiance dépassait mon âge de bien loin, et j'étais à portée et même dans l'u sage de lui parler de tout, et sur lui-même. Je lui dis donc ce que je remarquais depuis un temps de l'abbé de Polignac et du duc de Chevre use ; j'ajoutai qu'il n'y avait pas deux autres hommes à la cour qui s e convinssent moins que ces deux-là ; que, excepté Torcy, tous les ge ns avec qui cet abbé avait les plus grandes liaisons étaient par eux d e contrebande ; qu'aussi n'était-ce que depuis peu que je voyais form er et tout aussi naître cette liaison nouvelle ; que M. de Chevreuse é tait la dupe de l'abbé, et qu'il n'était que le pont par lequel il se proposait d'aller jusqu'à lui, de le charmer par son langage comme il faisait Chevreuse par les choses savantes ; que le but de tout cela n'était que de s'ouvrir par eux le cabinet de Mgr le duc de Bourgogne. Je m'y prenais trop tard ; Beauvilliers était déjà séduit, mais il n 'était pas encore en commerce bien direct, et par conséquent encore il n'était pas question dans son esprit de l'approcher du jeune prince. Eh bien ! me dit-il, où va ce raisonnement, et qu'en concluez-vous ? - Ce que j'en conclus, lui dis-je, c'est que vous ne connaissez ni l' un ni l'autre ce que c'est que l'abbé de Polignac ; vous serez tous le s deux ses dupes, vous l'introduirez auprès de Mgr le duc de Bourgogn e, c'est tout ce qu'il veut de vous. - Mais quelle duperie y a-t- il à cela ? me dit-il en m'interrompant, et si, en effet ses conversations peuvent être utiles à Mgr le duc de Bourgogne, que peut-on mieux fai re que de le mettre à portée d'en profiter ? - Fort bien, lui dis-je, vous m'interrompez et suivez votre idée, et moi je vous prédis, qui l e connais bien, que vous êtes les deux hommes de la cour qui lui conve nez le moins, qui l'entraveriez le plus, et qu'une fois établi par vo us auprès de Mgr le duc de Bourgogne, il le charmera comme une sirène enchanteresse, et vous-même à qui je parle, qui, avec tant de raison, vous croyez si avant dans le coeur et dans l'esprit de votre pupille, il vous expulsera de l'un et de l'autre, et s'y établira sur vos rui nes. A ce mot, toute la physionomie du duc changea, il prit un air cha grin et me dit avec austérité : qu'il n'y avait plus moyen de m'enten dre, que je passais le but démesurément, que j'avais trop mauvaise opi nion de tout le monde, que ce que je prétendais lui prédire n'était n i dans l'idée de l'abbé, ni dans la possibilité des choses, et que, sa ns pousser la conversation plus loin, il me priait de ne lui en plus parler. Monsieur, lui répondis-je fâché aussi, je vous promets de ne v ous en dire jamais un mot. Il demeura quelques moments froid et conce ntré ; je parlais d'autre chose, il y prit et revint avec moi à son o rdinaire. C'est ici qu'il faut s'arrêter jusqu'à un autre temps, et ce pendant commencer à voir les cruelles révolutions de l'année en laque lle nous allons entrer. "
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