Luc de CLAPIERS de VAUVENARGUESÂge : 31 ans17151747

Nom
Luc de CLAPIERS de VAUVENARGUES
Naissance 6 août 1715
Décès d’un frèreAntoine de CLAPIERS de VAUVENARGUES
1741 (Âge 25 ans)
Décès 28 mai 1747 (Âge 31 ans)
SourceBIB_LACHESNAYEDESBOIS
Publication : Dictionnaire de la Noblesse, 1770-1786 et 1863-1870.
SourceBIB_ACHARD-PROVENCE_1787
Publication : Histoire des Hommes Illustres de la Provence Ancienne et Moderne, 2 t., 1787.
Note
Il porte le titre de Marquis de Vauvenargues et meurt "sans alliance avec la réputation d'un des plus beaux génies de son siècle. Il est l'auteur d'un livre intitulé : Introduction à la connaissance de l'Esprit humain, suivie de réflexions & de maximes, à Paris, 1746, ouvrage estimé, qu'il avait composé à l'âge de 25 ans au milieu du tumulte des Armes. M. de Voltaire parle avec avantage du jeune Marquis de Vauvenargues au chapitre de l' Éloge funèbre des Officiers qui moururent dans la guerre de 1741." (François de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la Noblesse). D'après Claude François Achard, dans son ouvrage, Histoire des Hommes Illustres de la Provence, 1ère partie, p. 179 : Il "naquit à Aix avec une complexion foible & délicate. Mais la nature le dédommagea abondamment de ce qu'elle lui avait refusé de forces corporelles, par les talens extraordinaires & les belles qualités dont elle orna son esprit & son cœur. Il ne tarda pas à en donner les preuves les plus convaincantes. Les Officiers du Régiment du Roi où il étoit entré à l'âge de 17 ans, admirèrent dans toutes les occasions son exactitude & sa valeur. Heureusement capables d'apprécier ce rare mérite, dit M. de Marmontel, ils avoient conçu pour lui une si tendre vénération, que je lui ai entendu donner par quelques uns d'entr'eux le respectable nom de père. Les gens de lettres le regardèrent bientôt comme un génie profond & élevé, un métaphisicien [sic] éclairé, ayant une justesse admirable & un instinct si sûr pour saisir le vrai, qu'il sembloit s'offrir à son esprit de lui-même & sans qu'il eût besoin de le chercher. Il falloit que cette facilité fût dans lui un talent naturel, puisque malgré ses infirmités habituelles, & quoiqu'il n'eût d'autre secours que la lecture de quelques livres François, & ses propres réflexions, il a enrichi la littérature de différens ouvrages que tous les gens de lettres ont regardé comme des chef-d'œuvres de goût & de génie. Son discours sur Racine & sur Corneille qu'il composa à Verdun où [p . 180] se trouvoit le Régiment du Roi en 1739, semble avoir été le fruit de l'étude la plus réfléchie, & de la science du théâtre la plus profonde : cependant l'Auteur étoit presque enfant lorsqu'il le composa. La présomption si ordinaire à cet âge ne l'aveugla pas sur les défauts qui pouvoient s'y être glissés. Il y en trouva même plus qu'il n'y en avoit, & il eut la modestie de l'envoyer à Voltaire sans se nommer, le priant d'avoir quelque indulgence pour un jeune homme élevé dans le métier des armes, & d'en mettre son avis dans un Journal indiqué. Mais Voltaire qui connoissoit la réputation naissante de l'Auteur, devina l'anonime, & lui répondit : vous avez beau vous cacher, il n'y a que le Marquis de Vauvenargues dans ce moment-ci, capable de produire un si bon ouvrage. Cet éloge de Voltaire étoit accompagné de quelques objections & de quelques passages latins. Vauvenargues qui n'entendoit pas cette langue, lui demanda modestement la traduction : ce qui étonna si fort Voltaire, qu'il lui répondit en ces termes : ma surprise a d'abord été extrême qu'un homme de votre mérite dans les Lettres ait pu y parvenir sans savoir le latin, mais un instant après, j'ai fait réflexion qu'Homère ne le savoit pas non plus. Tandis que le Marquis de Vauvenargues employoit si utilement les momens que lui laissoit le bruit des armes, son Régiment eut ordre de partir pour la Bohème. Cette campagne dérangea sa santé au point de le mettre hors d'état de servir. Alors son zèle pour sa patrie tourna ses vues du côté des négociations. Une étude assidue, les réflexions profondes dont il s'étoit nourri & la prodigieuse étendue de son génie le mirent bientôt en état de se présenter au Ministre. Ses services furent acceptés : & en attendant le moment d'être employé, il se retira dans le sein de sa famille pour s'y livrer plus paisiblement au nouveau genre de travail qu'il venoit d'embrasser. Ce fut là que la petite vérole mit le comble à ses infirmités. Défiguré par les traces qu'elle avoit laissées, attaqué d'un mal de poitrine qui l'a conduit au tombeau, & presque privé de la vue, il se vit obligé de remercier le Ministère des desseins qu'il avoit sur lui. Mais au milieu des douleurs, il ne put renoncer au désir d'être utile aux hommes. L'étude de la Philosophie, c'est-à-dire, de l'âme, occupa ses dernières années. Le livre de l'Introduction à la connoissance de l'esprit humain, suivie de réflexions & de maximes, imprimé à Paris en 1746, a été le fruit de cette étude. [. .. …] Un petit nombre d'amis firent toute sa consolation dans ses souffrances. Il connoissoit le monde & ne le méprisoit pas. Ami des hommes il mettoit le vice au rang des malheurs ; & la pitié tenoit dans son cœur la place de [p. 181] l'indignation & de la haine. Jamais l'art & la politique n'ont eu sur les esprits autant d'empire que lui en donnoient la bonté de son naturel & la douceur de son éloquence. Il avoit toujours raison, & personne n'en étoit humilié. L'affabilité de l'ami faisoit aimer en lui la supériorité du maître. [… …] Le Marquis de Vauvenargues, Capitaine dans le Régiment du Roi, étoit d'une physionomie douce & assez noble. Il étoit un peu courbé, peu adroit aux exercices du corps ; il semblait que toutes ses forces avoient passé dans son génie. Il aimoit & connoissoit la peinture & la musique, sans cependant les cultiver. [p. 182] Voltaire lui a donné le tribut de louanges qu'il méritoit dans l'Éloge Funèbre des Officiers François morts dans la guerre de 1741." Claude François Achard, ajoute, dans la deuxième partie ce même ouvrage, p. 422 : Luc de Clapiers, "Marquis de Vauvenargues, mourut le 28 mai 1747, âgé de 32 ans, suivant la lettre du Chevalier de Vauvenargues, son frère, qui nous a été communiquée par M. A. * *."
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