Luc de CLAPIERS de VAUVENARGUESÂge : 31 ans17151747

Nom
Luc de CLAPIERS de VAUVENARGUES
Naissance 6 août 1715
Décès d’un frèreAntoine de CLAPIERS de VAUVENARGUES
1741 (Âge 25 ans)
Décès 28 mai 1747 (Âge 31 ans)
Note
#Générale# Il porte le titre de Marquis de Vauvenargues et meurt " sans alliance avec la réputation d'un des plus beaux génies de son siècle. Il est l 'auteur d'un livre intitulé : Introduction à la connaissance de l'Espr it humain, suivie de réflexions & de maximes, à Paris 1746, ouvrage e stimé, qu'il avait composé à l'âge de 25 ans au milieu du tumulte des Armes. M. de Voltaire parle avec avantage du jeune Marquis de Vauven argues au chapitre de l'Eloge funèbre des Officiers qui moururent dans la guerre de 1741. " (La Chesnaye-Desbois - Dictionnaire de la Noble sse). D'après Claude François Achard, dans son ouvrage, Histoire des Hommes Illustres de la Provence, 1ère partie, p. 179 : Il " nâquit à Aix avec une complexion foible & délicate. Mais la nature le dédommag ea abondamment de ce qu'elle lui avait refusé de forces corporelles, par les talens extraordinaires & les belles qualités dont elle orna s on esprit & son cœur. Il ne tarda pas à en donner les preuves les plus convaincantes. Les Officiers du Régiment du Roi où il étoit entré à l'âge de 17 ans, admirèrent dans toutes les occasions son exactitude & sa valeur. Heureusement capables d'apprécier ce rare mérite, dit M. de Marmontel, ils avoient conçu pour lui une si tendre vénération, qu e je lui ai entendu donner par quelques uns d'entr'eux le respectable nom de père. Les gens de lettres le regardèrent bientôt comme un gén ie profond & élevé, un métaphisicien [sic] éclairé, ayant une justesse admirable & un instinct si sûr pour saisir le vrai, qu'il sembloit s 'offrir à son esprit de lui-même & sans qu'il eût besoin de le cherche r. Il falloit que cette facilité fût dans lui un talent naturel, puis que malgré ses infirmités habituelles, & quoiqu'il n'eût d'autre seco urs que la lecture de quelques livres François, & ses propres réflexio ns, il a enrichi la littérature de différens ouvrages que tous les ge ns de lettres ont regardé comme des chef- d'oeuvres de goût & de génie . Son discours sur Racine & sur Corneille qu'il composa à Verdun où [p . 180] se trouvoit le Régiment du Roi en 1739, semble avoir été le f ruit de l'étude la plus réfléchie, & de la science du théâtre la plus profonde : cependant l'Auteur étoit presque enfant lorsqu'il le comp osa. La présomption si ordinaire à cet âge ne l'aveugla pas sur les d éfauts qui pouvoient s'y être glissés. Il y en trouva même plus qu'il n'y en avoit, & il eut la modestie de l'envoyer à Voltaire sans se no mmer, le priant d'avoir quelque indulgence pour un jeune homme élevé dans le métier des armes, & d'en mettre son avis dans un Journal indi qué. Mais Voltaire qui connoissoit la réputation naissante de l'Auteur , devina l'anonime, & lui répondit : vous avez beau vous cacher, il n'y a que le Marquis de Vauvenargues dans ce moment-ci, capable de pr oduire un si bon ouvrage. Cet éloge de Voltaire étoit accompagné de qu elques objections & de quelques passages latins. Vauvenargues qui n'e ntendoit pas cette langue, lui demanda modestement la traduction : c e qui étonna si fort Voltaire, qu'il lui répondit en ces termes : ma surprise à d'abord été extrême qu'un homme de votre mérite dans les L ettres ait pu y parvenir sans savoir le latin, mais un instant après, j'ai fait réflexion qu'Homère ne le savoit pas non plus. Tandis que l e Marquis de Vauvenargues employoit si utilement les momens que lui l aissoit le bruit des armes, son Régiment eut ordre de partir pour la Bohème. Cette campagne dérangea sa santé au point de le mettre hors d' état de servir. Alors son zèle pour sa patrie tourna ses vues du côté des négociations. Une étude assidue, les réflexions profondes dont i l s'étoit nourri & la prodigieuse étendue de son génie le mirent bient ôt en état de se présenter au Ministre. Ses services furent acceptés : & en attendant le moment d'être employé, il se retira dans le sein de sa famille pour s'y livrer plus paisiblement au nouveau genre de t ravail qu'il venoit d'embrasser. Ce fut là que la petite vérole mit l e comble à ses infirmités. Défiguré par les traces qu'elle avoit lais sées, attaqué d'un mal de poitrine qui l'a conduit au tombeau, & presq ue privé de la vue, il se vit obligé de remercier le Ministère des de sseins qu'il avoit sur lui. Mais au milieu des douleurs, il ne put re noncer au désir d'être utile aux hommes. L'étude de la Philosophie, c' est-à-dire, de l'ame occupa ses dernières années. Le livre de l'Intro duction à la connoissance de l'esprit humain, suivie de réflexions & de maximes, imprimé à Paris en 1746, a été le fruit de cette étude. [. .. …] Un petit nombre d'amis firent toute sa consolation dans ses sou ffrances. Il connoissoit le monde & ne le méprisoit pas. Ami des homme s il mettoit le vice au rang des malheurs ; & la pitié tenoit dans s on cœur la place de [p. 181] l'indignation & de la haine. Jamais l'a rt & la politique n'ont eu sur les esprits autant d'empire que lui en donnoient la bonté de son naturel & la douceur de son éloquence. Il a voit toujours raison, & personne n'en étoit humilié. L'affabilité de l'ami faisoit aimer en lui la supériorité du maître. [… …] Le Marquis de Vauvenargues, Capitaine dans le Régiment du Roi, étoit d'une physi onoomie douce & assez noble. Il étoit un peu courbé, peu adroit aux e xercices du corps ; il semblait que toutes ses forces avoient passé d ans son génie. Il aimoit & connoissoit la peinture & la musique, sans cependant les cultiver [p. 182]. Voltaire lui a donné le tribut de louanges qu'il méritoit dans l'Eloge Funèbre des Officiers François m orts dans la guerre de 1741. " Claude François Achard, ajoute, dans la deuxième partie ce même ouvrage, p. 422 : Luc de Clapiers, "Marq uis de Vauvenargues, mourut le 28 mai 1747, âgé de 32 ans, suivant la lettre du Chevalier de Vauvenargues, son frère, qui nous a été commun iquée par M. A. * *."
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