Arnaud de Roquefeuil-Cahuzac.

Jean Arnaud de ROQUEFEUIL-CAHUZACAge: 90 years19061996

Name
Jean Arnaud de ROQUEFEUIL-CAHUZAC
Family with parents - View this family
father
mother
Marriage: July 5, 1895
18 months
elder sister
6 years
elder brother
4 years
himself
Family with Nicole Marie Camille BARBIER-LALOBE de FELCOURT - View this family
himself
wife
Nicole Marie Camille BARBIER-LALOBE de FELCOURT
Birth: September 20, 1912St-Avit-les-Guespières, Eure-et-Loir, Centre-Val de Loire, France
Death: April 10, 1966Jaca, Aragon, Espagne
daughter
Private
daughter
Private
daughter
Private
son
Private
son
Private
son
Private
Family with Élisabeth GARNOT - View this family
himself
wife
Marriage: August 19, 1978Vergoncey, Manche, Normandie, France

Note
#Générale# Il porte le titre de Comte et demeure au château de Boucéel, Vergoncey (50). Il reçoit la Croix de Guerre 39-45 et est Conseiller Général d e la Manche. Arnaud de Roquefeuil. UN RÉSISTANT QUI ÉCHAPPA DE PEU À BUCHENWALD. Fils de Robert, fondateur de l'Association Catholique de la jeunesse de France, et petit-fils de Félix, le collaborateur d'A lbert de Mun, Arnaud de Roquefeuil-Cahuzac (1906-1996) était égalemen t le neveu d'Henry, le marin qui s'illustra enGrèce ( cf Roquefeuil Infos n°17 - décembre 1999 ). Blessé et fait prisonnier pendant la deu xième guerre mondiale, il revint à Boucéel et se lança dans la Résist ance. Nell Silvano, sa fille, se souvient et témoigne : À son retour d eBourbonne-les-Bains, fin 1940, Papa décida de faire du travail « en -dessous » en restant à Boucéel, au lieu de rejoindre le général de Ga ulle à Londres. Il commença par l'abattage clandestin de bœufs, vache s ou cochons qu'il découpait etfaisait fumer à Boucéel. Avec la compl icité du chef de gare de Servon et sous le label « pommes de terre » ou « radis », il expédiait le tout à Paris chez l'oncle Stany de Sèze qui se chargeait de la répartition. Contre le S.T.O. (Servicedu Trav ail Obligatoire), Papa organisa avec la connivence du Père Viel, de La Rive près du Mont-Saint-Michel, une filière pour faire passer en Bre tagne et de nuit, les jeunes gens des environs rébarbatifs au système. Il leur établissait, àl'aide de cachets de mairie fantaisistes, fai ts avec des pommes de terre, de fausses cartes d'identité soigneusemen t vieillies sur les parquets. Il avait monté un réseau d'accueil dans des fermes bienveillantes et sûres et balisait, dans lesbois, les c hemins à suivre par le symbole de la Croix de Lorraine gravé sur le tr onc des arbres. Résistant dès la première heure. Mais sa grande act ivité de ces longs mois était l'écoute clandestine de la radio anglais e. Il allait à bicyclette dans une ferme à Saint-Senier de Beuvron et avait pris l'habitude de cacher son petitbulletin dans le phare de s on vélo à pneus pleins. Mais, quelques froidures dans le dos ne lui o nt point été épargnées. Comme ce jour où, revenant « des nouvelles », il croisa une patrouille allemande qui prétendit lui prendre son vélo .Difficile de refuser ; mais comment récupérer le dangereux papier ? D'un grand secours, son ange gardien lui suggéra de demander le phare , un cadeau de sa fiancée auquel il tenait beaucoup. Transpirant à gr osses gouttes, il repartit à pied,mais le phare et le bulletin dans s a poche... Quelque temps après, Papa fut mis en contact avec des para chutistes anglais cachés chez des voisins. Se méfiant d'espions allema nds, il leur demanda de faire passer, parmi tant d'autres, aux «nouv elles » de la B.B.C. le message suivant : "Le Cotentin est une presqu' île". Le lendemain, entre "mes chaussettes sont noires" et "il y a de s fraises dans le jardin", Papa entendit son message. Ouf, c'étaient d es vrais ! Au travail. Il s'occupa de repérer et signaler les mouveme nts des troupes allemandes qui montaient ou descendaient des plages du débarquement. Tous les jours, un avion anglais venait chercher le co mpte-rendu. Ce manège quotidien attira l'attention desautorités tudes ques de la région. Le dimanche 10 juillet 1944, Boucéel se retrouva c erné, tous les habitants sortis de leur lit manu militari et enfermés dans les caves. je m'en souviens bien. La maison fut perquisitionnée de fond encomble : il fallait bien trouver ce maudit poste qui émett ait tous les jours. La recherche fut vaine Arrêté en juillet 1944 pa r la Gestapo... L'Orneylie, une autre maison de la famille située à d eux kilomètres de Boucéel, fut également visitée. Or, Papa y avait ca ché, sous un canapé, une mitraillette récupérée quelques jours plus tô tlors du mitraillage d'une voiture allemande. Pendant la perquisitio n, Papa, bien embarrassé et aussi courtoisement qu'il le pouvait, vu l es circonstances, invita le commandant allemand à déposer son auguste arrière-train juste au dessus dela mitraillette. Ni celle-ci, ni le poste émetteur ne furent trouvés. Cela n'empêcha pas l'embarquement i mmédiat de Papa et d'oncle François, son frère, pour les caves du châ teau de Saint Jean du Corail. Sa propriétaire, une amie de lafamille, s'empressa d'avertir Maman qui enfourcha sa bicyclette pour porter à Papa quelque réconfort tant affectif que matériel : la soupe n'était pas grasse, quand il y en avait ! Puis, nous perdîmes sa trace pendan t deux mois. Que derosaires furent récités tous les soirs à la chapel le de Boucéel pour le retour des « prisonniers ». Ce n'est qu'à son r etour qu'il nous raconta son périple infernal. Après Saint-Jean, le ch âteau d'Alençon, puis Compiègne et enfin Péronne.Ce camp était l'ant ichambre de Buchenwald. La vie s'y écoulait, pratiquement sans aliment ation, entre messes clandestines, fabrication de charbon de bois pour lutter contre la dysenterie, heures interminables d'appel et de fouil les. Le bonheur suprême en ce mois d'août 44 était d'assister à la fu ite des avions chasseurs et des camions allemands vers le Nord et de constater avec allégresse, la suprématie incontestée des bombardiers a lliés. ... libéré sur la route de Buchenwald. L'avancée de ces dern iers étant manifeste, il fallait déménager les prisonniers du camp, au plus vite, vers Buchenwald. Bagages, fouilles, l'appel s'arrêta à la lettre R. Pour Papa et oncle François,le départ fut repoussé de deu x jours. Ce dernier convoi à arriver en Allemagne fut appelé « train d e la mort » tant le nombre des survivants fut faible. La veille du se cond départ, Papa put en communiquer l'heure, au moyen de signaux lumineux dus à la réfraction du soleil sur un morceau de verre, à un rési stant caché dans les combles de l'hôtel de la Victoire (nom prédestiné ), situé de l'autre côté du mur du camp. Puis, les déportés restants furent entassés dans des wagonsà bestiaux scellés et, à petite vites se, convoyés vers l'Allemagne. Leur funeste voyage s'arrêta au Pont de la Chapelette miraculeusement bombardé et coupé par l'aviation ang laise avertie par le résistant de l'hôtel de la Victoire. De retour au camp, les déportés furent enfermés dans les baraques,menacés d'êt re fusillés pour enfin, le lendemain, assister au départ des Allema nds. Le camp fut délivré par les Américains le jour suivant. Après ma intes péripéties, le 9 septembre, Papa et oncle François arrivèrent e nfin à Boucéel.Comment reconnaître ces êtres haves, barbus, décharné s mais souriants qui descendirent d'un car de la Croix-Rouge ? Seul, D jo, le pointeur de Papa n'hésita pas et, en premier, se précipita sur lui. L'année d'après, Papa fut élu conseillergénéral avec 89 % des v oix exprimées. En 1994, deux ans avant sa mort, Papa fut décoré de la médaille du cinquantenaire du débarquement à l'occasion d'une belle c érémonie franco-américaine. Il était aussi décoré de la Croix de guer re 1939.À son honneur, Nell Silvano ( Roquefeuil-Infos n°20 ).
Media objectArnaud de Roquefeuil-Cahuzac.Arnaud de Roquefeuil-Cahuzac.
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Type: Photo
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Publication: Photographies, cartes-postales, gravures et peintures (personnes, lieux, etc.) faisant partie de la collection de Guillaume de Bellabre.
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