Antoine de THORON de TOARD1637

Name
Antoine de THORON de TOARD
Family with parents - View this family
father
mother
Marriage: about 1545
himself
Family with Marguerite d'ARBAUD - View this family
himself
wife
Marriage: 1588
13 years
son
daughter
son
Jean Baptiste de THORON de TOARD
Birth: Brignoles, Var, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France
Death: 1631Pourcieux, Var, Provence-Alpes-Côte d'Azur, France

SourceBIB_ACHARD-PROVENCE_1787
Publication: Histoire des Hommes Illustres de la Provence Ancienne et Moderne, 2 t., 1787.
SourceBIB_ARVE_1902
Publication: Miettes de l'Histoire de Provence, 1902
Death
Il meurt avant le 19 juin 1637.
Note
Co-Seigneur de Toard, on le qualifie "Monsieur Maître". Il est Conseiller en la Sénéchaussée de Digne (04) en 1578, puis au Parlement de Provence le 9 novembre 1588 et va s'installer à Aix-en-Provence (13). Auteur de plusieurs ouvrages, il a la réputation d'un Magistrat d'une grande science. Il résigne sa charge en 1623 à son fils Jean Antoine. Pour la petite histoire, il est l'un des quatorze juges qui condamnent Louis Gaufridy, Curé des Accoules, à Marseille (13), à être brûlé vif, car convaincu de sorcellerie. On peut lire l'histoire détaillée de cette affaire dans Miettes de l'Histoire de Provence, de Stephen d'Arve. En voici tout de même un résumé : Louis Gaufridy, fils de berger, fait des études grâce à son oncle curé de Pourrières. Cet oncle, six mois avant sa mort, lui envoie un petit cahier contenant un traité de magie. Voici le témoignage de Louis : "Après avoir lu les vers français du bas des pages, un homme se présenta à moi me disant qu'il était Lucifer. [… …] La frayeur s'empara de moi." Le diable lui demande de lui donner toutes ses bonnes œuvres. Louis accepte et "Il me vint à la pensée de lui demander la satisfaction de deux passions : la première d'être dans une grande réputation de sagesse dans le monde et particulièrement parmi les personnes distinguées par leur probité ; la seconde, de pouvoir inspirer de l'amour aux personnes qui me plairaient." Louis, bien connu de M. de Mandols qui a trois filles très belles, a libre accès dans sa maison. Louis jette son dévolu sur la plus jeune, Madeleine, qui n'a pas dix ans. Déjà sous son charme, elle passe cependant trois ans au couvent des Ursulines d'Aix-en-Provence. Il vient bien la voir, mais elle reste froide avec lui, jusqu'au moment où, étant malade, elle vient se reposer chez ses parents et qu'elle accepte de partager une pêche avec lui et tombe sous le charme du démon. Cette affaire faisant scandale, Gaufridy est accusé de sorcellerie. Le 30 avril 1611, il est condamné "à être livré entre les mains de l'exécuteur de la haute justice, mené et conduit par les lieux et carrefours de cette ville d'Aix accoutumés, et au devant de la grande porte de l'église métropolitaine Saint-Sauveur, faire amende honorable, tête nue et pieds nus, la hart au col, tenant un flambeau ardent en ses mains, et là, à genoux, demander pardon à Dieu, au Roi et à la Justice ; et de ce fait, être amené sur la place des Prêcheurs de la dite ville, et y être ards et brûlé tout vif sur un bûcher qui, à ces fins, y sera dressé, jusqu'à ce que son corps et ossements soient consumés et réduits en cendres, et icelles après jetées au vent ; et avant d'être exécuté sera mis et appliqué à la question ordinaire et extraordinaire, pour avoir de sa bouche la vérité de ses complices : et néanmoins avant de procéder à la ditte exécution, sera mis préalablement entre les mains de l'évêque de Marseille, son diocésain, ou, à son défaut, d'autre prélat de la qualité requise, pour être dégradé à la manière accoutumée." Même si tous les membres de la Cour ne sont pas d'accord avec la condamnation, Louis est soumis à la question par l'évêque qui choisit l'estrapade (cette torture consiste à attacher le supplicié à une potence et à le laisser retomber à plusieurs reprises sans toucher le sol. Louis avait prédit de nombreux malheurs s'il était exécuté. De fait, au moment de l'exécution, le Sieur Desprade est assassiné à coup de poignard par le Chevalier de Montoroux, une jeune demoiselle reçoit également un coup de couteau, un enfant tombe d'un arbre et se tue... Antoine de Thoron, qui est donc un des juges instructeurs de cette affaire raconte dans ses mémoires : "Plusieurs témoins venaient de déposer que Gaufridy se transportait au sabbat, après s'être frotté d'une certaine huile magique et qu'il revenait ensuite dans sa chambre par le tuyau de la cheminée. Dans le temps qu'on lisait ces dépositions, on entendit un grand bruit dans la cheminée, et à l'instant, tous les juges en virent sortir un grand homme noir qui secouait la tête.Les juges s'enfuirent presque tous. Pour moi qui restais au bureau, je lui demandais qui il était, et il me répondit fort effrayé qu'il était un ramoneur, qui, après avoir ramoné la cheminée de la Chambre des Comptes, il s'était mépris en descendant et avait passé par la cheminée du Parlement." D'autres témoins affirment que si Antoine de Thoron est resté seul dans la salle, ce n'est pas par courage, mais parce que sa robe resta accrochée au clou d'un fauteuil. Claude François Achard, dans son ouvrage, Histoire des Hommes Illustres de la Provence, 2ème partie, p. 271, lui consacre un article : Antoine de Thoron, "Seigneur de Thoard & d'Artignosc, fut reçu Conseiller au Parlement en 1588. il a été un des plus savans Magistrat de son siècle, & lié d'une amitié étroite avec MM. du Vair, de Peyresc, Gassendi, & la plupart des Savans de son tems. Gassendi fait souvent son éloge dans la vie de Peyresc : la Rocheflavin, dans son Histoire des Parlemens, le cite comme un Magistrat renommé par son intégrité & ses connoissances. On peut voir aux articles DUCHESNE & CORIOLIS, comment il hâta par ses conseils, la réduction de la Ville d'Aix à l'obéissance d'Henri IV. Thoron a fait un recueil d'Arrêts, que le fameux Duperier avoit conservés, & qui sont imprimés avec les ouvrages de ce Jurisconsulte. Il a aussi composé des Mémoires manuscrits, sur les évènemens dont il avoit été témoin : ces Mémoires étoient dans la Bibliothèque de M. de Mazaugues ; M. de Moissac les cite souvent dans son histoire manuscrite du Parlement. Il en a extrait ce qu'il dit sur l'affaire de Gofredi, arrivée en 1611 ; on ne sera peut-être pas fâché de voir la manière dont M. de Thoron, qui étoit le Rapporteur de cette fameuse Procédure, en a parlé. « Dans le mois d'Avril [p. 272] 1611, un Curé des Accoules, de la ville de Marseille, nommé Gofredi, fut accusé de sortilège : cette affaire a fait grand bruit dans le Royaume, & a donné à notre Parlement le réputation de croire aux Sorciers ; mais sans agiter la question s'il étoit Sorcier ou non, sur laquelle on trouveroit bien des incrédules, il est certain que Gofredi étoit convaincu de plusieurs crimes, & surtout de profanation des Sacremens, & d'avoir abusé d'une de ses pénitentes ; ce qui seul a mérité la peine qu'on lui a faite souffrir, ainsi que M. Duvair l'a écrit à Monseigneur le Chancelier. Or il arriva pendant qu'on travailloit à la visite du Procès, une histoire plaisante. Plusieurs témoins de l'information avoient déposé que Gofredi se transportoit au Sabat, après s'être frotté d'une certaine huile magique, & qu'il revenait ensuite dans sa chambre par le tuyau de la cheminée : dans le tems qu'on lisoit ses dépositions, on entendit un grand bruit dans la cheminée, & à l'instant tous les Juges virent sortir un grand homme noir qui secouoit la tête, les Juges s'enfuirent presque tous ; pour moi, qui restai au Bureau, je lui demandai qui il étoit ; il me répondit fort effrayé : qu'il étoit un Ramoneur, lequel, après avoir ramoné la cheminée de MM. des Comptes, dont le tuyau joignoit celle de la Chambre Tournelle, s'étoit mépris en descendant, & avoit passé par la cheminée du Parlement. » M. de Thoron eut de Marguerite d'Arbaud de Bargemont Jean Antoine de Thoron, reçu en sa charge en 1623."
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