Joseph de SEYTRES de CAUMONTAge: 57 years16881745

Name
Joseph de SEYTRES de CAUMONT
Birth June 28, 1688
MarriageMarie Élisabeth de DONIS BEAUCHAMPSView this family
November 9, 1722 (Age 34 years)
Number of childrenMarie Élisabeth de DONIS BEAUCHAMPSView this family

Note: Joseph de Seytres de Caumont et Marie Élisabeth de Donis Beauchamps ont encore huit enfants. Leur fils aîné, Paul Hippolyte Emmanuel, né le 13 août 1724 à Avignon (84) et ami de Vauvenargues, meurt pendant la campagne de Bohême, à Prague en avril 1742.
Death September 25, 1745 (Age 57 years)
SourceBIB_ACHARD-PROVENCE_1787
Publication: Histoire des Hommes Illustres de la Provence Ancienne et Moderne, 2 t., 1787.
Number of children
Joseph de Seytres de Caumont et Marie Élisabeth de Donis Beauchamps ont encore huit enfants. Leur fils aîné, Paul Hippolyte Emmanuel, né le 13 août 1724 à Avignon (84) et ami de Vauvenargues, meurt pendant la campagne de Bohême, à Prague en avril 1742.
Note
Il est Marquis de Caumont. D'après Claude François Achard, dans son ouvrage, Histoire des Hommes Illustres de la Provence, 1ère partie, p. 165 : Joseph de Seytres, marquis de Caumont. "de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres de Paris, de celle de Marseille, de la Société Royale de Londres, & de l'Académie des Arcades de Rome, nâquit à Avignon le 28 Juin 1688 de Louis-François de Seytres, Marquis de Caumont, & de Catherine de Fortia-Mont-Real, dont les Maisons anciennes & illustres ont produit des personnages d'un mérite distingué. Joseph de Seytres perdit son père à l'âge de 3 mois, & demeura sous la tutelle d'un de ses Oncles. Dès qu'il eut fini ses études à Avignon, on l'envoya à Paris pour y faire ses exercices, mais au bout de 18 mois, la mort de cet Oncle qui l'institua son héritier, le rappela chez lui. Ses Parens qui le regardoient comme la seule espérance de sa famille, l'empêchèrent de suivre le parti des Armes, qu'il n'aurait pu prendre qu'en s'engageant dans un service étranger. Le goût naturel du jeune Marquis pour les Belles-Lettres, fortifié par la bonne éducation qu'il avoit reçue, le détermina à chercher dans leur commerce, de quoi remplir les vides de la vie désoccupée d'un Gentilhomme qui n'a aucun emploi. Comme il n'avoit d'autre motifs dans ses études, que celui de se faire une occupation agréable, & de satisfaire son goût naturel, il préféra l'étendue & la variété des connaissances à une profondeur, dont il auroit eu peu d'occasions de faire usage dans une Province, où il y a sans doute beaucoup d'esprit naturel & de gentillesse, mais où rien n'excite l'émulation. Il joignit l'étude de l'Italien & de l'Espagnol à celle du Latin, & il se mit en état d'écrire en ces trois langues, avec autant de facilité & de pureté que dans celle qui lui étoit naturelle ; il fit même des vers dans toutes ces langues ; & par ceux qui lui échapoient de tems en tems, il fit voir que pour être Poëte, il ne lui manquoit que l'envie de l'être. Ce goût pour tout ce qui fait la fleur de la littérature, le porta bientôt à s'appliquer à la recherche de ce qui nous reste de monumens de l'antiquité, inscriptions, médailles, Pierres gravées, Manuscrits anciens & singuliers, Livres rares, &c. & il en forma un cabinet qui même dans la Capitale de la France, eût attiré l'attention des gens de lettres. Son amour pour ces sciences ne venoit pas d'une curiosité stérile. Il connaissoit l'usage de toutes les raretés qu'il rassembloit, il se faisoit un plaisir de les communiquer aux gens de lettres, & même d'en enrichir les collections de ses amis. Le P. de Mont-Faucon le cite souvent dans les vastes recueils d'antiquité, qu'il a publiés. Le Marquis de Caumont, s'attacha aussi à cette partie de l'histoire naturelle que Réaumur a rendue également agréable & instructive, par l'excellent ouvrage sur l'histoire des Insectes. Son caractère communicatif, & l'agrément de son esprit l'avoient mis en commerce avec tous les Savans de l'Europe ; & pour faire un dénombrement de ses correspondances littéraires, il faudroit faire l'énumération de ce qu'il y avoit d'hommes célèbres en France & dans les pays étrangers, dans le tems qu'il vivoit. Il étoit devenu le centre d'un [p. 166] commerce littéraire entre les Savans de la France, de l'Italie, de l'Espagne & de l'Angleterre. Il avoit même des relations avec ceux de l'Orient par le moyen du Prince Ragotsky, qui lui avoit envoyé ses Mémoires manuscrits. Il a conservé soigneusement toutes les lettres des Savans avec qui il étoit en relation. Elles formeroient un vaste recueil : il seroit à souhaiter qu'il eût gardé de même des copies de celles qu'il leur écrivoit & qui étoient de véritables dissertations. Comme il aimoit les Lettres & les Sciences pour elles-mêmes, il devenoit l'ami de tous ceux qui les cultivoient ou qui les aimoient. Il tachoit d'inspirer aux personnes en qui il découvroit des talens, le goût dont il étoit rempli ; il les animoit par ses exhortations, il les aidoit de ses conseils, & il leur procuroit tous les secours qui dépendoient de lui. Il ne manqua jamais aux occasions de faire du biens aux lettres, mais les occasions lui manquèrent souvent ; & dans un lieu où le goût eût été soutenu par les circonstances qui excitent les talens, il auroit sans doute rendu de grands services à la littérature. Ses liaisons & son commerce littéraire firent connoître & estimer son mérite dans les Pays étrangers où plusieurs Académiciens voulurent se l'associer. Il fut agrégé en 1740 à la Société Royale de Londres, & en 1743, le mérite de ses Poësies Italiennes, le fit recevoir dans l'Académie des Arcades de Rome, sous le nom de Rhodanis. On sait que dans la plupart des Académies poëtiques qui remplissent l'Italie, ceux qui y sont admis prennent un nom académique ; celui de Rhodanis faisoit allusion au séjour de M. le Marquis de Caumont sur les bords du Rhône. Dès l'année 1736,il avoit été reçu dans l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-lettres de Paris, sous le titre de correspondant honoraire étranger, & il a toujours cultivé avec soin cette correspondance. Il envoyoit à l'Académie ce qu'il découvroit, des Monumens rares & singuliers, & il les accompagnoit de ses conjectures ; mais quelques heureuses qu'elles fussent, il les proposoit toujours avec cette modestie qui lui étoit naturelle, & qui rendoit son mérite encore plus aimable. Il ne se maria qu'à l'âge de 34 ans ; son amour pour les lettres, & le plaisir qu'il trouvoit à les cultiver, lui faisoient craindre un engagement qui trouble nécessairement ce Commerce. Il épousa en 1732, Marie Élisabeth, fille de Louis de Doni, Marquis de Beauxchamps : il trouva en elle une compagne également aimable par les grâces du corps, par les agrémens de l'esprit, & par les charmes de l'humeur, qui s'associant à tous ses goûts, le fit jouir d'un bonheur qu'il n'avoit point encore éprouvé. Il en a eu neuf Enfans dont il eut le malheur de perdre dans la Campagne de Bohème, l'aîné, qui donnoit déjà les plus grandes espérances. Le Marquis de Caumont fut infiniment sensible à cette perte ; & quoique les heureuses dispositions des autres fils qui lui restoient, dussent lui fournir des motifs de consolation, rien ne put effacer l'impression du coup qu'il avoit reçu. Quelques accidents qu'il auroit supportés patiemment dans une autre situation, achevèrent de l'abattre. Il s'abandonna à toute sa douleur ; & ne [p. 167] cherchant point à s'en distraire, sa santé en fut dérangée. La vie retirée & sédentaire à laquelle il se livra, aigrissant son mal, développa les principes d'une hydropisie dont il mourut après 4 mois de maladie en 1745, âgé de 57 ans, & regretté universellement de tous ceux qui l'avoient connu. Bon ami, époux tendre, & véritablement Père, il n'étoit pas moins aimable par les qualités du cœur, & par la douceur de son caractère, qu'il étoit estimable par ses vertus & par son esprit. (Extrait de son éloge). (C. B.)"
Histoire et Généalogie | Maison de Baglion | Chambres d'hôtes Sens 89