Guillaume BAILLY

Name
Guillaume BAILLY
Birthyes

MarriageHéléne HARELLEView this family
1528

Birth of a son
#1
Charles BAILLY de SÉJOU

Marriage of a childCharles BAILLY de SÉJOUChrestienne Le CLERC du VIVIERView this family
1581

Occupation
Magistrat

Deathyes

SourceBIB_LESTOILE_1943
Publication: Journal de L'Estoile pour le Règne de Henri III (1574-1589), 1943.
Citation details: pages 307 et 308, et page 318.
Note
Chevalier, Guillaume BAILLY est Conseiller du Roi en son Conseil d'État et Président de la Chambre de la Cour des Comptes de Paris (75). Pierre de L'Estoile, dans son "Journal pour le Règne de Henri III", à la date du 28 septembre 1582 (page 307), raconte l'anecdote suivante, tout à fait savoureuse (bien que fort cruelle) qui le concerne : "Le mercredi 28e septembre, un jeune homme nommé Charles Tonart, enfant de l'hôtellerie de l'Écu de France, d'Étampes, ayant été condamné par sentence du prévôt de Paris, ou son lieutenant-criminel, confirmé par arrêt de la cour de Parlement, à être pendu et étranglé en la place de Grève, à Paris, fut mené au lieu du supplice, où il fut rescous par publique force des mains des ministres de la justice, au moyen de quelques jeunes gens de sa connaissance et amitié, qui de propos délibéré se trouvèrent là garnis d'épées, dagues et pistolets, et commencèrent la noise, puis se mit la plupart du peuple avec eux, et en grand tumulte chargèrent sur les sergents du Châtelet, archers de Tanchou et autres gens du guet illec assistant pour tenir main forte à la justice : dont y eut deux sergents tués et plusieurs autres blessés, et fut enfin le pauvre Tonart sauvé. Le peuple, pendant sa cause d'appel, tumultuait par toute la ville, de ce que pour avoir fait un enfant à la fille du président des comptes, BAILLY, homme de mauvais nom et réputation, sous couleur de mariage, on l'avait condamné à mourir, et que Poisle, conseiller de la cour, chargé et convaincu de plusieurs crimes sans comparaison plus énormes et plus punissables, avait été seulement condamné à une petite amende : et ores que ledit Tonart, lors du délit par lui commis, fût clerc, et conséquemment serviteur domestique dudit président BAILL Y, toutefois la fille par lui engrossée avait toujours maintenu qu'elle l'avait sollicité à ce faire et non lui elle, que c'était [p. 308] un vrai et légitime mariage contracté entre eux, même avant la copulation charnelle, laquelle elle avait même été induite par l'exemple de son père, lequel abusait d'une garce de chambrière qu'il avait, qu'il faisait coucher avec elle, et qui la nuit se levait du côté de cette fille pour aller coucher avec son père. Aussi avait la cour condamné à mort ledit Tonart, à la poursuite des parents et alliés de la fille, pour expier la honte faite à leur famille, et aussi pour l'exemple de la conséquence. Et telle était la voix de tout le peuple, ce qui le poussa à la sédition et à la rescousse du criminel, laquelle encore qu'elle ne valût rien et qu'il ne faille s'arrêter au dire d'une populace ignorante et légère, la vérité est toutefois que ce jugement était inique et trouvé tel de tous hommes de discours et d'esprit, car premièrement l'un et l'autre maintenaient qu'ils étaient mariés ensemble par mutuel consentement. Après, le garçon était beau et agréable, et capable de faire quelque chose de bon, pour à quoi l'acheminer ses parents offraient lui fournir jusques à dix ou douze mille francs pour lui acheter quelque honnête état. Quant à la prétendue inégalité, on ne pouvait ni ne devait-on y avoir égard, car outre ce que l'offre que faisaient les parents la couvrait (si aucune y en avait),on sait que la mère de la fille était fille d'un bien médiocre marchand, et son père fils d'un petit commissaire de Châtelet, qu'on a vu mendier sa vie et ses repas à Paris, et que la fille n'avait pas plus de bien que le jeune homme offrait employer en un état, joint la bonne affection qu'ils s'étaient toujours portée et la grossesse et enfantement advenus du vivant du père qui l'avait bien su et n'en avait jamais fait plainte, ains leur avait pardonné la faute, comme ils disaient : tellement qu'en consommant ce mariage en face d'église et en publique assemblée (comme il devait) le jeune homme en demeurait beaucoup plus intéressé que la fille. Vrai est que la forme de la rescousse était pernicieuse, scandaleuse et grandement punissable à cause de la publique désobéissance et violente résistance faite aux magistrats ; aussi la trouva le roi fort mauvaise et la cour de parlement s'en formalisa fort, voyant que ses jugements ainsi rendus vains et illusoires. De fait, elle fit tout ce qu'elle put pour découvrir et appréhender les auteurs de la sédition, et enfin en fut attrapé un (qu'on disait n'en pouvoir mais), mais qui toutefois avait bien mérité la mort d'ailleurs, étant un matois diffamé partout et archi-voleur de Tanchou, lequel fut exécuté à mort au lieu même, le seizième octobre ensuivant. Et ainsi fut vérifié en lui ce qui est dit par le poète : Unum pro multis dabitur caput. "Sur ce fait ainsi advenu, qui servait de sujet de risée aux compagnies de Paris, furent fait et divulgués tout plein de poésies amoureuses et épigrammes gaillards, entre lesquels était le suivant fait par un mien ami :" [p. 318]"Les anciens Siciliens vantent les amours d'Alphée dont Aréthuse fut la proie au milieu de la mer. Naguère Aréthuse fit plonger un second Alphée, non dans les eaux siciliennes, mais presque dans celles du Styx. Il n'y avait aucun crime méritant la corde ou la mort, à moins qu'inhumain, tu appelles aimer un crime. Cependant la dure sentence d'un cruel juge fit traîner au pilori notre Alphée. Ce siècle est vraiment barbare : l'amour n'a aucun honneur. Tout honneur va à l'or et aux richesses."
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